Après plusieurs mois d’échanges entre syndicats et patronat, un rapport remis au gouvernement dessine des "voies de passage" pour une future réforme des retraites. Loin d’un grand bouleversement, il privilégie des mesures concrètes et susceptibles de recueillir un consensus.
Il y a quelques mois, Sébastien Lecornu avait demandé au patronat et aux syndicats de travailler sur une éventuelle réforme des retraites. Un rapport vient désormais, mi-septembre, clore ces échanges. Et le premier enseignement, c’est que ce n’est pas gagné : le consensus autour d’une éventuelle réforme des retraites est loin d’être acquis. Preuve en est, le Medef a boycotté les discussions. Syndicats et patronat ont pourtant travaillé, encadrés par des médiateurs comme Jean-Denis Combrexelle, l’ancien patron de la Direction générale du travail. Ce sont d’ailleurs ces personnalités qui ont rédigé la synthèse remise au gouvernement, qui comprend "des voies de passage" pour une future réforme.
La plus importante de ces pistes consiste à affirmer qu’il faut absolument conserver un âge de départ à la retraite, sans quoi les comptes du régime s’enfonceront encore un peu plus dans le rouge. Si, demain, toute notion d’âge était supprimée pour ne conserver que la durée de cotisation, ceux qui ont eu des carrières hachées, et notamment les femmes, seraient pénalisés. Pour obtenir des pensions correctes, ils devraient travailler bien au-delà des 62 ans et 9 mois appliqués aujourd’hui. Quant à savoir à quel âge fixer ce départ – 62, 63 ou 64 ans ? –, le rapport se garde bien de le dire, pour ne pas créer la polémique.
Sur la pénibilité, un compromis encore fragile
La pénibilité reste le point dur sur lequel syndicats et patronat n’ont jamais réussi à se mettre d’accord, notamment lors du conclave retraites. Là encore, le rapport reste prudent. Pour schématiser, il suggère d’admettre qu’il existe bien des métiers présumés pénibles, pouvant ouvrir quasi automatiquement à des reconversions ou à des départs anticipés, comme le demande la CFDT. Mais avec obligatoirement un avis médical, comme le réclame le Medef : une manière de ne braquer personne.
On est donc loin d’un grand big bang. Les auteurs en sont convaincus : pour espérer mener à bien une réforme sur un sujet aussi électrique que les retraites, mieux vaut la politique des petits pas, concrets, réalistes et acceptables par tous, plutôt que de chercher les coups d’éclat. Une philosophie qui sonne aussi comme un avertissement lancé aux candidats à la présidentielle.
Source : franceinfo.fr


