Le taux d’emploi des 60-64 ans a bondi de 8,2 points en trois ans, sous l’effet des évolutions législatives sur l’âge de départ à la retraite
Le taux d’emploi des seniors en France a poursuivi son rattrapage en 2025 par rapport à ses voisins européens, notamment en raison de la réforme des retraites, a rapporté la Dares mercredi. En trois ans, le taux d’emploi des 60-64 ans a bondi de 8,2 points, quand celui des 55-59 ans a progressé de 2,5 points, a précisé le département des statistiques du ministère du Travail.
Pour les 55-59 ans, le taux d’emploi atteignait l’an dernier 78,8 %, soit 1,5 point au-dessus de la moyenne européenne. Toutefois, pour les personnes âgées de 60 à 64 ans, le retard français n’a pas encore été comblé : malgré une forte augmentation, le taux d’emploi s’élève à 44,4 %, contre 55 % en moyenne dans l’Union européenne. Entre 2020 et 2025, le taux d’emploi des seniors en France a progressé de 30,7 points, et leur taux d’activité, qui comprend les personnes qui travaillent effectivement et celles qui sont au chômage et recherchent un emploi, de 32,3 points.
L’impact de la réforme des retraites
La réforme des retraites de 2023, qui a porté l’âge légal de départ à 62 ans et demi pour la génération 1962 puis à 62 ans et neuf mois pour les générations 1963 et 1964 à la suite du gel de la réforme à l’automne 2025, a joué un rôle important dans cette hausse.
« Le taux d’emploi des personnes nées entre 1962 et 1964, qui sont les premières générations intégralement concernées par la réforme des retraites de 2023, est plus élevé à âge donné entre 60 et 64 ans que celui des générations précédentes, non concernées ou partiellement concernées par cette réforme », explique le document de la Dares. Il ajoute que « pour ces générations, la part des seniors ni en emploi ni à la retraite (NER) est légèrement moindre à 60 et 61 ans mais plus élevée à 62 ans ».
La part de ces NER est « globalement stable de 50 à 54 ans, aux alentours de 16 %, puis augmente progressivement pour atteindre un pic à 60 ans, à 25 % » avant de « diminuer légèrement à 62 ans, à près de 21 % », rapporte encore la Dares. Un rapport du Haut-commissariat à la stratégie et au plan publié la semaine dernière pointait ce problème, qui concerne près de 40 % des ouvriers et emplois peu qualifiés.
Source : sudouest.fr


