Les salariés de RHI Magnesita se sont mobilisés sur le site de Flaumont-Waudrechies (Nord) ce mercredi 15 juillet 2026, contre le projet de plan social de l'entreprise spécialisée dans la fabrication de briques réfractaires. Avec le site de Valenciennes, 144 emplois de cette entreprise centenaire sont menacés.
"Des emplois supprimés, des vies bouleversées." "Respect pour les salariés." Devant l'entrée du site RHI Magnesita de Flaumont-Waudrechies (Nord) ce mercredi 15 juillet, les pancartes et les croix rouges accrochées sur les grillages traduisent l'inquiétude et la colère des salariés.
La mobilisation organisée ce matin dénonce le plan social du groupe basé en Autriche et qui menace 144 postes sur les deux usines du Nord, avec celle de Valenciennes. Le groupe avance des raisons économiques avec une baisse des bénéfices mais le motif ne convainc pas la cinquantaine de salariés du site. "Ils disent que c'est pour des raisons économiques mais c'est purement stratégique. La production de Valenciennes sera transférée en Allemagne et la nôtre en Autriche", déplore Stève Minet, ouvrier délégué syndical CGT. Condamnées à la fermeture, les deux usines tentent de se battre pour leurs droits.
"C'est purement stratégique"
Après une première mobilisation le 30 juin à Valenciennes, les salariés cherchent à nouveau à se faire entendre auprès de la direction autrichienne sur le plan de sauvegarde de l'emploi en cours de négociation."On se bat pour un meilleur PSE. On est contre la fermeture bien entendu mais de nos jours, on ne peut pas faire grand-chose contre une fermeture de site. Nous, on veut des meilleures conditions de départ." Ils dénoncent des indemnités de départ insuffisantes. "Ce qu'ils veulent nous donner, c'est de la misère, c'est une misère ! Ce sont les actionnaires qui empochent tout et puis nous, on a que dal. Ils ne sont pas reconnaissants pour tout le travail qu'on a effectué ici", souffle Philippe Grimont, salarié depuis 30 ans à l'usine.
Alors que la région connaît une succession d'annonces de plan social dans le secteur industriel, l'avenir inquiète. "Vu comment le territoire est impacté par la perte d'emploi, je pense que pour la plupart des gens ça doit être difficile de retrouver un emploi stable, c'est beaucoup d'emplois précaires de nos jours. C'est pour ça qu'on veut se battre pour une supra légale plus haute pour repartir sereinement", ajoute Stève Minet.
Pour les salariés qui ont passé une bonne partie de leur carrière à l'usine, la réalité est difficile à accepter et se mélange à l'appréhension. "C'est dur, c'est la peur de l'inconnu. J'ai fait ma vie un peu autour de l'usine, comme tout le monde, je pense. Et moi, j'ai une maison à payer", confie avec émotion Jean-Jacques Beauchamp, en poste depuis 16 ans.
Un coup dur pour la commune
À leurs côtés, la municipalité se retrousse les manches pour soutenir l'entreprise locale. Tracts à la main, le maire et ses conseillers municipaux bloquent un rond-point de la commune pour alerter les passants sur la situation critique de l'usine.
"C'est une communauté qui est touchée aujourd'hui, et franchement, ça fait mal au cœur. Aujourd'hui, on est un peu au pied du mur avec le sentiment de se dire qu'on aurait pu développer autre chose avant. Moi j'ai beaucoup de déception, c'est clair et net", réagit Sébastien Hugé, maire de Flaumont-Waudrechies.
Source : france3-regions.franceinfo.fr


