La justice a approuvé, ce vendredi 20 mars, la reprise du verrier Arc par l’unique candidat Timothée Durand, issu d’une famille de dirigeants emblématiques du groupe basé dans le Pas-de-Calais. Mais ce retour aux sources a un goût amer, 700 suppressions de postes étant prévues.
Aucune audience n’a lieu au tribunal de commerce de Tourcoing (Nord) pour ce délibéré, dont la décision a été rendue ce vendredi 20 mars 2026. Sans grande surprise, la justice a approuvé la reprise du verrier Arc par Timothée Durand, issu d’une famille de dirigeants emblématiques du groupe.
Arc est, depuis la deuxième moitié du XXe siècle, un leader mondial des verres pour les arts de la table. Le groupe produit des verres et ustensiles sous quatre marques principales : Luminarc, Cristal d’Arques Paris, Arcoroc et Chefs & Sommelier, ainsi que sous des marques de distributeurs.
Plus de 700 postes supprimés
Si cette reprise permet d’éviter la disparition de cette entreprise bicentenaire et emblématique du Pas-de-Calais, elle s’accompagne aussi de mauvaises nouvelles.
Un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) a déjà été validé le 10 mars par les syndicats d’Arc France, dans le cadre du redressement judiciaire de l’entreprise annoncé début janvier.
Ce PSE, condition sine qua non pour permettre la reprise du groupe par Timothée Durand, prévoit 704 suppressions de postes sur son principal site à Arques (Pas-de-Calais), qui compte actuellement 3 500 salariés.
« Je suis réaliste »
« Je ne suis pas le méchant de l’histoire, je suis réaliste », déclarait le repreneur Timothée Durand à l’AFP fin janvier, alors qu’une offre concurrente, sans licenciement, a un temps été évoquée, sans se concrétiser. Les coupes dans les effectifs sont nécessaires pour « redimensionner » le site d’Arques aux volumes que le groupe est capable de vendre, répète-t-il depuis qu’il a annoncé être candidat à la reprise, le jour même du placement en redressement judiciaire d’Arc France.
« Le couperet est assez violent »
« De toute façon c’est ça ou rien, donc on n’a pas le choix », résume Frédéric Specque, délégué syndical CGT, auprès de l’Agence France-Presse (AFP).
Mais la pilule « est très amère » avec ce PSE « très lourd », ajoute-t-il, déplorant l’absence de dispositifs supplémentaires de la part de l’État pour maximiser les départs volontaires : « On a reçu une fin de non-recevoir. Clairement, l’État n’a plus d’argent ».
« Le couperet est assez violent », estime aussi Corinne Guenez (CFE-CGC). « C’est beaucoup de compétences qui risquent de partir », ainsi que des jeunes, pénalisés par les critères des licenciements, souligne-t-elle.
Source : ouest-france.fr

