"Ils ont dû reprendre leurs stocks en douane" : le conflit au Moyen-Orient fragilise l’industrie pharmaceutique

13/03/2026

Retards d'acheminement des matières premières issues des pays du Golfe, hausse des coûts de transport et exportations ralenties, cette guerre perturbe l’activité de certaines entreprises pharmaceutiques françaises. Un secteur déjà fragilisé par une très forte concurrence avec la Chine et l'Inde.

Le conflit au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d'Ormuz ont des conséquences sur les entreprises qui fabriquent des médicaments en France. D'un côté, pour l'importation de matières premières dérivées du pétrole et issues des pays du Golfe (paraffine, dérivés d'ammoniac, dérivée d'urée), et de l'autre, pour l'exportation de comprimés, gélules ou crèmes au Moyen-Orient.

Ces difficultés l'entreprise M2i, dont le siège social se situe en région parisienne, à Saint-Cloud, y est confrontée. L'entreprise fabrique des principes actifs pour les médicaments avec des molécules importées du Moyen Orient. "On a des allongements, des durées de livraison de dix à vingt jours", explique Johann Fournil, directeur de la communication de M2i, parce que les porte-conteneurs doivent passer par le Cap de Bonne Espérance, au sud de l'Afrique.

Des exportations au ralenti

"La deuxième chose, c'est l'augmentation du coût des transports, poursuit Johann Fournil. La hausse se chiffre entre 1 000 à 1 500 euros par conteneur de coût supplémentaire." Et les tarifs sont très volatils avec une augmentation aussi du prix des matières premières. "Par exemple, un intermédiaire à qui nous pouvions acheter à 200 euros le kilo, c'est désormais à plus de 220. Et les perspectives d'achat pour le mois prochain se situent entre 250 et 300 euros le kilo." Un coût important puisque l'entreprise en achète deux à cinq tonnes par an.

Pour d'autres industriels, ce sont surtout les exportations vers les pays du Golfe qui sont freinées. Des crèmes et des médicaments ne peuvent pas être acheminés dans la région. "Certains de nos adhérents ont dû reprendre leurs stocks qui étaient en douane et qui devaient être envoyés dans les pays du Golfe", explique Céline Crusson-Rubio, déléguée générale du Syndicat de l'industrie chimique organique de synthèse et de la biochimie.

En France, pour le moment, les stocks sont suffisants, il ne devrait donc pas y avoir d'augmentation du prix ou de pénurie, en tout cas, pas dans les prochaines semaines.

Source : franceinfo.fr