Le seuil fixé en 2026 par la loi Rixain est tout juste atteint, selon le baromètre de l'Institut français des administrateurs publié jeudi. Cette loi instaure une obligation de représentation équilibrée entre les femmes et les hommes dans les postes de direction des grandes entreprises.
Les instances dirigeantes des grandes entreprises françaises se féminisent de plus en plus. Selon le baromètre de l'Institut français des administrateurs (IFA) et Ethics & Boards, publié jeudi 19 février et que franceinfo a pu consulter, 30% de femmes siègent aujourd'hui dans les comités de directions et comités exécutifs des grands groupes. C'est deux points de plus qu'en 2025. Le baromètre analyse chaque année la gouvernance des 120 plus importantes sociétés cotées en bourse à l'indice SBF 120.
Le seuil fixé cette année par la loi Rixain est tout juste atteint. Cette loi instaure une obligation de représentation équilibrée entre les femmes et les hommes dans les postes de direction des grandes entreprises. Au 1er mars 2026, l'objectif est d'atteindre au moins 30% de femmes et d'hommes cadres dirigeants et au moins 30% de femmes et d'hommes membres d'instances dirigeantes.
Mois d'une cadre sur trois à un poste opérationnel
À noter qu'à compter du 1er mars 2029, les objectifs chiffrés fixés par la loi Rixain passeront de 30% à au moins 40% de femmes et d'hommes cadres dirigeants et au moins 40% de femmes et d'hommes membres d'instances dirigeantes. En 2026, 30% de femmes siègent dans les directions du SBF 120. Elles sont 31% au sein du CAC 40, les 40 premières capitalisations. En 2021, au moment du vote de la loi Rixain, il y avait 22,7% de femmes dans les directions des groupes du CAC 40 et 21,9% du SBF 120.
Selon ce baromètre, s'il y a plus de femmes cadres dirigeantes, elles occupent très souvent les mêmes fonctions, directrice des ressources humaines ou du développement durable, tandis que les hommes sont plus souvent à la direction d'une activité opérationnelle, comme directeur financier, des postes clés pour grimper au sommet de la hiérarchie. Moins d'une femme sur trois (30%) occupe un poste opérationnel, contre près de six hommes sur dix (59%). Il y a donc très peu de femmes à accéder à la tête des grands groupes, seulement 10%. Au sein du CAC 40, elles ne sont que quatre, chez Engie, Orange, Veolia et Bureau Veritas. Et on n'en trouve que 12 dans les 120 plus grandes entreprises (SBF 120).
Le nombre de directrices générales stagne
Selon le baromètre, depuis deux ans, le nombre de directrices générales ne progresse plus. En 2017, on comptait cinq femmes dirigeantes au sein des 120 plus grands groupes, il y en avait 14 en 2022 et 12 depuis 2025. Au sein du CAC 40, une seule directrice générale était présente en 2017, il y en avait trois en 2023 et quatre depuis 2025.
Le baromètre compare enfin la représentation des femmes dans les instances dirigeantes des entreprises françaises avec ce qu'il se fait à l'étranger. Le constat est que le pouvoir reste encore très masculin. En Norvège, on comptabilise 33% de femmes dans les comités de directions et comités exécutifs des grands groupes. Elles sont 32% en Grande-Bretagne et en Finlande. Derrière la France, on trouve la Suède (29%), les Etats-Unis (28%), l'Allemagne (entre 23 et 26%), les Pays-Bas (26%), l'Espagne (23%) et l'Italie (19%).
Les auteurs du baromètre invitent à "franchir une nouvelle étape" dans la féminisation des instances dirigeantes des entreprises. Ils appellent à "faire de la mixité un levier durable de la gouvernance, de qualité de la décision et de performance au service du long terme".
Méthodologie : Pour ce baromètre, l'Institut français des administrateurs (IFA) et Ethics & Boards ont analysé les données de l'ensemble des sociétés du CAC 40 et du SBF 120 au 1er janvier de chaque année.
Source : franceinfo.fr

