Retour sur l'histoire du 1er mai qui n’a jamais été qu’un simple jour férié, mais un héritage de la lutte ouvrière qui est née dans le sang à la fin du XIXe siècle aux États‑Unis, précisément à Chicago.
L'ACTU.
Aux yeux des syndicats de travailleurs, le 1er mai n'est pas un jour férié comme les autres. L’histoire rappelle que cette date, seul jour entièrement chômé, est née dans le sang et dans la lutte pour les droits des travailleurs. L'archive disponible en tête d’article sur le site de l'INA retrace son histoire, marquée dès ses débuts par des événements tragiques.
L'ARCHIVE.
Le traditionnel défilé des travailleurs du 1er mai est né aux États-Unis avant de s’établir en France à la fin du XIXᵉ siècle.
Aux États-Unis, le renouvellement des contrats de travail avait lieu chaque 1er mai. Mais ce n’est qu’en 1886 que les premiers syndicats ouvriers décidèrent d’organiser des manifestations. Ces premiers défilés tournèrent malheureusement au drame. À Milwaukee, la police tira sur le cortège, faisant plusieurs morts. Le 4 mai, à Chicago, une nouvelle mobilisation fut organisée pour protester contre ces violences, elle fut, elle aussi, violemment réprimée.
Cette fois, une bombe explosa, tuant onze ouvriers et blessant des centaines de manifestants. Ce drame allait marquer durablement le monde du travail. En 1887, avant d’être pendu, le leader du mouvement de Chicago, l’anarchiste August Spies, déclara : « Un jour viendra où notre silence sera plus puissant que les voix que vous étranglez aujourd’hui. »
Le 1er mai en France
En 1889, lors du congrès de la Deuxième Internationale socialiste à Paris, il fut proposé - en hommage aux victimes américaines - de faire du 1er mai une journée de lutte pour la défense des droits des travailleurs. Les premiers défilés français eurent lieu l’année suivante. Comme aux États-Unis, ces manifestations dégénérèrent, notamment place de la Concorde à Paris.
En 1891, à Fourmies, dans le Nord, une manifestation ouvrière fit neuf morts, dont deux enfants, et plusieurs dizaines de blessés. Le 1er mai devint alors définitivement associé à l’idée de lutte des classes.
Il faudra attendre 1947 pour qu’une loi fasse de cette journée un jour férié et chômé en France. Le premier 1er mai chômé aura lieu l’année suivante.
Source : ina.fr

