Alors qu’une femme sur trois sera confrontée à des violences au cours de sa vie, la place de l’entreprise dans la prévention et l’accompagnement des victimes devient un enjeu majeur du dialogue social. Lors d’un webinaire organisé le 19 février par Miroir social et Axa Santé, Christelle TOILLON, déléguée nationale à l’égalité professionnelle à la CFE-CGC et déléguée syndicale chez Stellantis, a rappelé que les victimes ne laissent pas les violences à la porte de leur travail : leurs conséquences affectent la concentration, les relations professionnelles et la performance, avec le risque d’une « double peine » si ces difficultés sont mal comprises.
Pour mieux outiller les représentants du personnel, la CFE-CGC a publié un guide intitulé « Lutter contre les violences conjugales : quel rôle pour l’entreprise ? ». Ce document aide à identifier les différentes formes de violences — physiques, psychologiques et économiques — et à définir le rôle concret que peuvent jouer les élus, sans se substituer aux professionnels du social, du droit ou de la santé. Vous le retrouverez sur le site intranet de la confédération !
Christelle Toillon a également témoigné des situations vécues chez Stellantis en tant que déléguée syndicale. Dans un cas impliquant un couple travaillant sur le même site, l’entreprise, en concertation avec les représentants du personnel a choisi de ne pas déplacer la victime, afin d’éviter toute pénalisation supplémentaire. Une solution a été trouvée en proposant au conjoint violent une mobilité sur un autre site, présentée comme une évolution professionnelle. Dans une autre situation, l’absence d’autonomie financière d’une salariée, qui recevait chaque jour de l’argent liquide de son conjoint, a révélé une violence économique, montrant que les violences ne se limitent pas aux agressions physiques.
Ces expériences ont conduit Stellantis à intégrer la prévention des violences conjugales dans son accord sur l’égalité professionnelle signé en juin 2025. Celui-ci prévoit notamment des facilités pour permettre aux victimes d’effectuer leurs démarches administratives et juridiques, y compris au sein de l’entreprise.
À travers ces outils et ces engagements, l’objectif est clair : donner aux élus et aux manageurs les moyens d’agir et faire de l’entreprise un environnement plus sûr pour les victimes.
Source : Linkedlin CFE-CGC

