Les partenaires sociaux ont acté jeudi l’impossibilité de parvenir à un accord sur les contrats courts, les positions syndicales et patronales étant trop éloignées, ont rapporté les négociateurs des deux parties.
« On a acté que la négociation s’arrêtait » en raison de « désaccords trop profonds », a déclaré au bout de cinq séances de négociation le chef de file de la délégation CFDT, Yvan Ricordeau.
« Le terme régulation n’apparaît pas une seule fois » dans le préambule du texte patronal, a-t-il ajouté, alors que le Medef, la CPME et l’U2P voulaient permettre d’enchaîner plus de deux CDD sans délai de carence et faciliter le recours aux heures complémentaires pour les salariés à temps partiel.
« On s’attendait à ce qu’on ait des propositions, pas forcément très abouties, mais quand même pas un truc qui annonce le CDD à vie », a ironisé le négociateur de la CGT Denis Gravouil, en référence à l’idée d’un enchaînement sans limite de CDD.
" Deux lignes rouges qui ne pouvaient pas se croiser "
« C’est quand même dommage qu’on n’arrive pas » à un accord, a regretté le négociateur de FO Michel Beaugas. « Ça fait un certain temps qu’on n’arrive plus à un terrain d’entente avec le patronat sans qu’on soit sous la menace du gouvernement » de reprendre la main dans les négociations, comme récemment sur les ruptures conventionnelles individuelles, a-t-il estimé.
« On était sur deux lignes rouges qui ne pouvaient pas se croiser », entre les syndicats qui demandaient une prime de précarité pour les contrats courts et le patronat qui maintenait sa position sur un « coût du travail » jugé trop élevé en France, a affirmé de son côté le négociateur de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) Eric Chevée.
Si les contrats courts sont devenus la norme d’embauche dans les années 2000, leur part dans l’emploi a baissé depuis 2023, leur proportion s’établissant à 9,4 % de l’emploi total en 2025, selon l’Insee. En revanche, les contrats ont raccourci et les jeunes restent beaucoup plus concernés : seuls 39,8 % des 15-24 ans en emploi sont en CDI, contre 76,2 % des 25 ans ou plus.
"On avait souhaité élargir la discussion"
A propos du système existant de bonus malus sur les cotisations patronales à l’assurance chômage, en fonction du niveau de recours aux contrats courts dans certaines branches, « il y avait un vrai consensus autour de l’idée que ce dispositif n’avait pas de sens, et pour voir dans quelle mesure il était possible de trouver d’autres idées », a expliqué pour sa part le négociateur du Medef Hubert Mongon.
« On avait souhaité élargir la discussion » au fonctionnement de l’économie dans son ensemble, au marché du travail et à sa relation avec l’assurance chômage, a ajouté le représentant patronal qui espère poursuivre les négociations sur ces sujets avec les syndicats dans le cadre de l’agenda social autonome, sans présence du gouvernement.
Eric Chevée a lui dit être prêt à continuer à discuter « des conséquences des contrats courts sur la vie au quotidien », par exemple en matière de logement ou d’accès aux crédits pour les personnes en CDD ou en intérim, dans le cadre des travaux de la conférence travail emploi retraites (CTER), à laquelle le Medef ne participe pas.
Source : lavoixdunord.fr

