Les ex-salariés de Vencorex "écœurés" après le rejet de leur projet de reprise Exalia

27/03/2026

Le projet Exalia, visant à réindustrialiser la plateforme chimique du Pont-de-Claix (Isère), a été rejeté par le tribunal des activités économiques de Lyon ce 25 mars . Si les porteurs de projet, d'ex-salariés de Vencorex, ne cachent pas leur déception, ils ne s’avouent cependant pas vaincus.

"Nous attendions avec impatience la décision du tribunal pour lancer la partie opérationnelle du projet Exalia et immense surprise : notre offre n’est pas retenue", regrette Olivier Six, l’un des porteurs du projet, le décrivant comme étant "extrêmement solide".

Si les ex-salariés de Vencorex n'ont pas encore reçu l'ordonnance leur signifiant officiellement le rejet de leur projet, ils l'ont appris lors d'un appel téléphonique au greffe du tribunal des affaires économiques de Lyon qui aurait indiqué que le juge-commissaire pointait du doigt leur "incapacité technique et financière à gérer un site classé Seveso".

Selon Olivier Six, le tribunal des activités économiques (ex-tribunal de commerce) de Lyon aurait ainsi décidé de déconstruire le site et d’en confier la charge à un ferrailleur.

"Ecœuré, étonné", ce dernier affirme que le projet, "financé" à hauteur de "80 millions d’euros", bénéficiait du soutien des collectivités, mais aussi de "clients", ayant reçu "des dizaines de lettres d’intention".

"Tétanisé par une telle décision"

"L’offre telle qu’elle a été travaillée était une offre puissante, forte, soutenue financièrement, poursuit Christophe Ferrari, le président de la Métropole de Grenoble et maire de Pont-de-Claix, au-delà de la colère, la réalité est une profonde incompréhension. Finalement, on laisse le soin à un ferrailleur de prendre le métal de cette plateforme chimique",

"Cette décision est incompréhensible. Je suis tétanisé par une telle décision."
Christophe Ferrari, le président de la métropole de Grenoble et maire de Pont-de-Claix

 "C’est une décision qui ne tient pas compte de l’intérêt public", clame Christophe Ferrari qui prône cependant la "combativité".

L'espoir d'une chimie décarbonée
Après une reprise partielle du site de Vencorex par le groupe chinois Wanhua, plusieurs salariés, soutenus par un entrepreneur local, avaient décidé de monter un projet d’entreprise novateur nommé Exalia. Leur objectif : produire du chlore et de la soude à partir du sel de la mine de Hauterives, dans la Drôme, à seulement 80km de leur site. "On veut, on va produire des choses stratégiques pour le traitement de l’eau, pour l’industrie et l’agroalimentaire. 20% de la soude est importée des pays du Golfe", précise Olivier Six.

"On épuisera probablement toutes les voies de recours possibles", réagit Séverine Dejoux, ex-salariée de Vencorex et porteuse de ce projet qui compte également interpeller le ministre de l’Industrie lors de sa visite sur la plateforme chimique de Pont-de-Claix, ce jeudi 26 mars.

"On attend que le ministre de l’Industrie prenne ses responsabilités", poursuit la représentante d’Exalia. "Si ça ne marche pas, c’est un symbole immense de l’impossibilité de réindustrialiser le pays", conclut Olivier Six.

Source : france3-regions.franceinfo.fr