À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, la plateforme de prévention en santé mentale teale a publié une focale consacrée à la santé mentale des femmes au travail. Alors que la santé mentale est reconduite Grande Cause nationale en 2026, l’étude souligne un écart persistant entre hommes et femmes dans ce domaine.
La santé mentale des femmes en recul
Selon le Baromètre teale de la Santé mentale des femmes au travail, l’égalité entre femmes et hommes ne se mesure pas uniquement à l’aune des promotions ou des rémunérations. Elle est aussi question de santé mentale. Un indicateur pourtant très peu mis en avant par les études. Chez les femmes, les signaux d’alerte relèvent d’abord de facteurs organisationnels plutôt que cliniques. En un an, ce sont les marqueurs d’appartenance au travail qui reculent le plus. La reconnaissance chute à 60,3 % des répondantes (contre 64,8 % en 2024, soit -4,5 points) et les relations positives au travail à 72 % (contre 76,7 %, -4,6 points). D’autres indicateurs liés à l’engagement suivent la même tendance : la perception d’un travail qui a du sens atteint 64,7 % (-3 points) et la fierté vis-à-vis de son travail 68,9 % (-3 points).
D’autres dimensions apparaissent plus stables, mais restent orientées à la baisse. La charge mentale jugée gérable concerne 54 % des femmes (-1 point), la capacité à faire face aux événements difficiles 63 % (-2 points) et les ressources jugées suffisantes pour accomplir son travail 66,1 % (-1 point). La relation avec le manager demeure relativement élevée mais recule également, à 80,6 % (-1,9 point).Ces évolutions traduisent, selon teale, un phénomène de retrait progressif plutôt qu’une fragilité individuelle.
Les limites du « self care »
L’étude met également en garde contre une réponse limitée aux seules pratiques de « self-care ». La santé mentale dépend en effet d’un ensemble de déterminants sociaux, économiques, biographiques et organisationnels et le genre demeure un facteur majeur d’exposition.Les données de teale pointent ainsi un paradoxe : les stratégies individuelles de bien-être profiteraient davantage aux hommes, tandis que chez les femmes les ressources et la reconnaissance reculent.
La santé mentale en tant que critère d’égalité professionnelle
Face à ce constat, teale appelle les organisations à intégrer la santé mentale comme un véritable indicateur d’égalité professionnelle. La plateforme propose notamment d’ajouter un indicateur d’écart de santé mentale femmes-hommes dans les tableaux de bord d’égalité, afin d’identifier les déséquilibres et d’y associer des actions concrètes sur les leviers structurels : reconnaissance, ressources, perspectives professionnelles ou organisation du temps de travail.
Source : focusrh.com

