Polytechnyl : le tribunal des activités économiques de Lyon valide l'offre de reprise de Lone star

28/04/2026

Polytechnyl, filiale française du groupe Domo chemicals, placée en redressement judiciaire par le tribunal des activités économiques de Lyon le 8 janvier 2026, est reprise par le fonds d'investissement texan Lone star funds.

Le tribunal des activités économiques de Lyon a tranché et rendu sa décision lundi 27 avril en fin de journée. Entre la liquidation judiciaire de Polytechnyl, filiale de Domo chemicals, et la reprise de l'entreprise par le fonds américain Lone star funds, c'est la seconde option qui a été retenue.

Cette offre d'un montant de 10,1 millions d'euros ne conserve que 72 des 550 emplois et porte uniquement sur les brevets de la marque Technyl, la recherche, les stocks et le service commercial, sans inclure ni l'outil de production ni l'immobilier des deux sites de Saint-Fons (Rhône) et de Valence (Drôme).

Largement insuffisant pour les salariés et les syndicats qui estimaient notamment que "la valeur des stocks de matières premières et de produits semi-finis atteint 17 millions d'euros".

Reprise de Polytechnyl : le risque d'un effet domino dans la vallée de la chimie

Les deux scénarios sur la table étaient rejetés par les syndicats qui, depuis le placement de Polytechnyl en redressement judiciaire en janvier, avaient tout mis en œuvre pour sauver les emplois des sites de Saint-Fons Belle Etoile et de Valence, mais aussi le savoir-faire de l'entreprise. En effet, Polytechnyl était le dernier grand acteur français du polyamide 66, un matériau technique utilisé dans l'automobile, l’électronique, les fibres industrielles et de nombreuses applications de haute performance.

D'abord reçues au ministère de l'Industrie mi-avril, l'intersyndicale CFDT, Unsa, CFE-CGC ainsi que la CGT du site de Valence avaient rappelé que "Polytechnyl incarne un savoir-faire industriel français stratégique, reposant sur des compétences rares, hautement qualifiées, indispensables à plusieurs chaînes de valeur industrielles. La disparition de Polytechnyl ne serait pas seulement une perte d'emplois, elle constituerait une atteinte majeure à l'industrie nationale et un choc industriel pour le territoire lyonnais".

L’intersyndicale avait également alerté sur le risque d'un effet domino, qui dépasserait le seul périmètre de Polytechnyl. Et d'affirmer que "la fragilisation ou la disparition de cette entreprise pourrait impacter d'autres acteurs industriels majeurs du territoire, tels que Elkem, Suez, Syensqo ou encore Kem One, avec des conséquences potentielles en cascade".

Polytechnyl : les syndicats dénoncent une spoliation du patrimoine industriel français

Quelques jours plus tard, dans une lettre ouverte adressée au président de la République et au Premier ministre, la CFE-CGC et l'Unsa tentaient encore une fois d'éviter une casse sociale et "une spoliation organisée du patrimoine industriel français".

Les syndicats demandaient alors "une protection temporaire et le temps nécessaire pour concrétiser les solutions", "une mobilisation du gouvernement pour entrer en contact avec le repreneur chinois Shenma, prêt à investir et sérieux", et enfin le blocage "des manœuvres de BASF et Domo, qui ne visent qu'à piller, fermer, et délocaliser, en utilisant tous les leviers juridiques, européens et nationaux pour sanctionner ces pratiques anticoncurrentielles et protéger notre souveraineté industrielle".

La mobilisation n'aura pas permis de trouver une issue heureuse. L'intersyndicale tiendra une assemblée générale et une conférence de presse exceptionnelle mardi 28 avril à 14h sur le parvis du site de Belle Etoile à Saint-Fons.

Source : mesinfos.fr