Emploi : les entreprises françaises prévoient plus de deux millions de recrutements en 2026, en baisse par rapport à 2025

21/04/2026

Selon France Travail qui réalise l'enquête, ce ralentissement de 6,5% est moins marqué que celui de l'année précédente et reste à un niveau qui "confirme la robustesse du marché du travail".

Les entreprises françaises prévoient 2,3 millions de recrutements en 2026, un chiffre en baisse de 6,5% par rapport à 2025, selon une enquête réalisée par France Travail que révèle franceinfo mardi 21 avril. Ce léger ralentissement reste moins marqué que celui de l'année précédente (-12,5% en 2025 par rapport à 2024), un niveau qui "confirme la robustesse du marché du travail", selon l'organisme.

"On est dans une période où la confiance et la visibilité dans l'avenir n'est pas toujours simple pour que les chefs d'entreprise puissent se projeter", réagit Thibaut Guilluy, directeur général de France Travail à l'antenne de franceinfo, mais malgré cette situation "c'est un niveau équivalent à 2018, qui était assez dynamique".

Ce ralentissement touche quasiment tous les secteurs, mais deux d'entre eux qui se distinguent : la santé, avec 320 000 embauches prévues (+0,8% par rapport à 2025) et l'industrie, dont le recul est le plus limité, avec une baisse de recrutements prévue de -2,4% (contre -6,5% pour l'ensemble). Le secteur où le ralentissement est le plus marqué est le numérique et les télécommunications, avec une baisse attendue de 25,2%.

Deux recrutements sur trois se feront dans les TPE et PME, précise France Travail, donc dans des entreprises de moins de 50 salariés.

Dans cette enquête, on apprend que 44% des entreprises estiment que ces recrutements seront difficiles. Les secteurs les plus touchés seront le BTP (65% des entreprises concernées prévoient des recrutements compliqués), la santé (54%), le numérique (49,5%) et l'industrie (48%). Ces difficultés sont liées, selon 84% des recruteurs, à un profil inadéquat des candidats, un nombre trop faible de candidatures (82%), et 39% d'entre eux pensent que les difficultés viennent des conditions de travail du poste.

Onze filières prioritaires

Ces difficultés de recrutement montrent aussi "qu'il y a plein de perspectives". "Travailler et se former dans les métiers techniques, du bâtiment, c'est du durable. Dans l'industrie, l'aéronautique, le nucléaire", et "c'est ouvert à tous" souligne Thibaut Guilluy.

Pour répondre à ces besoins, France Travail annonce une "mobilisation inédite sur 11 filières prioritaires". L'agence affirme que, désormais, elle "passe d’actions ponctuelles à une stratégie structurée, suivie et mesurable, avec des objectifs nationaux et des déclinaisons concrètes dans chaque territoire". Les 11 filières concernées sont : la santé, le social, les services à la personne, le BTP, l'hôtellerie-restauration, le commerce-distribution, le transport-logistique, l'agriculture, l'industrie, l'emploi public, le numérique, le nucléaire et les énergies.

France Travail prévoit notamment d'intervenir tout au long du parcours de recrutement, en proposant, par exemple, des formations avant l'embauche, des immersions en entreprise, des recrutements sans CV ou encore des reconversions entre secteurs.


Méthodologie : L'enquête BMO 2026 a été réalisée entre octobre et décembre 2025 dans les 13 régions métropolitaines et 5 départements d’outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte). Le champ de cette 17e vague comprend d'une part, les établissements relevant du secteur privé et, d'autre part : les établissements de 0 salarié ayant émis au moins une déclaration d'embauche au cours de la période récente, les établissements du secteur agricole, les établissements du secteur public relevant des collectivités territoriales (communes, régions…), les établissements publics administratifs (syndicats intercommunaux, hôpitaux, écoles…) et pour finir les officiers publics ou ministériels (notaires…). Sur les 2 222 045 établissements entrant dans le champ de l’enquête, 1 777 253 ont ainsi été interrogés, par voie postale, web ou téléphonique. Au global, 416 588 réponses ont été collectées et exploitées pour la France entière.

Source : franceinfo.fr