A l'usine Arlanxéo de Lillebonne, l'intersyndicale a signé le plan de sauvegarde de l'emploi pour les 163 salariés concernés. Les premiers licenciements sont prévus pour mars et le démantèlement de l'usine en fin d'année.
C'est la fin de l'usine Arlanxeo située à Lillebonne. Une usine qui produit du caoutchouc pour l'industrie automobile et alimentaire. Après le choc de l'annonce de la fermeture en octobre dernier, l'intersyndicale (CFE CGC - FO - CGT) a négocié pendant trois mois le Plan de Sauvegarde de l'Emploi (PSE) pour les 163 salariés concernés. Rappelons qu'Arlanxeo est la propriété de l'entreprise qui fait le plus de profit au monde, le saoudien Aramco. Ce PSE a donc été signé mercredi par deux des trois syndicats mais l'intersyndicale était d'accord pour cette stratégie afin de montrer son mécontentement à la direction qui a mené selon eux des négociations violentes.
"Au bout du bout, tout le monde perd son emploi"
Devant l'usine, des croix en bois avec le prénom ou le surnom de chaque salarié, son année d'arrivée chez Arlanxeo et 2026, date de la fermeture de l'usine. Un peu plus loin sur le parking, les délégués syndicaux sortent d'une assemblée générale.
Ils ont expliqué aux 163 salariés concernés par ce plan social, pourquoi ils ont signé l'accord avec la direction. "Si on regarde par rapport aux moyens d'Aramco, c'est un groupe qui n'a pas de limite [financière] donc on aurait pu améliorer encore le PSE. Mais on a décidé de signer car les mesures sociales ont été sensiblement améliorées par rapport aux premières négociations", explique Emmanuel Fontaine, le secrétaire du CSE et délégué syndical CFE -CGC.
Mais l'intersyndicale a fait le choix stratégique de ne pas apposer les trois signatures CFE CGC, FO et CGT. Sylvain Renault de la CGT explique pourquoi : "É**tant donné que les dernières propositions faites à la direction ne sont pas revenues avec un avis favorable de la direction, **il n' y avait aucune raison que le PSE soit signé à l'unanimité. C'est un choix de l'intersyndicale." Ainsi la CGT, qui n'a pas signé, pourra aller devant le tribunal administratif une fois le PSE validé par l'État afin de contester cette décision.
"Maintenant, on ne peut pas se satisfaire de ça. Au bout du bout, tout le monde perd son emploi."
Source : francebleu.fr