Transparence salariale : les entreprises françaises toujours peu informées

23/01/2026

Alors que la transposition dans le droit français de la directive européenne sur la transparence des salaires est prévue pour le mois de juin de cette année, cette dernière reste largement méconnue, surtout dans les petites entreprises. Par ailleurs, les cadres sont une minorité à croire que l’affichage des salaires fera réellement bouger les lignes dans leur entreprise.

Une notoriété en hausse, mais encore limitée

Premier constat livré par l'enquête de l’Apec, la part des entreprises qui déclarent connaître la directive européenne sur la transparence salariale, et en mesurer précisément les contours, a augmenté dans toutes les catégories entre juin et décembre 2025, mais la progression est particulièrement marquée dans les ETI et grands groupes, où jusqu’à 65% des répondants disent en percevoir clairement les enjeux. À l’inverse, 61 % des dirigeants de TPE déclarent n’en avoir jamais entendu parler ou ne pas savoir précisément de quoi il s’agit. Signe d’un décalage persistant selon la taille.

Des préparatifs encore limités, surtout dans les petites structures

Interrogées sur leur préparation concrète aux nouvelles exigences, les entreprises montrent un paysage contrasté. Si la part de celles qui ont déjà pris des mesures ou engagé des discussions progresse entre juin et décembre 2025, la dynamique se concentre là encore dans les ETI et les grandes entreprises. Dans ces dernières, une majorité a au moins ouvert le chantier et une part significative a commencé à structurer des plans d’action, alors que les TPE et les PME déclarent, à 81 % et 67 %, n’avoir « pas du tout » commencé à se préparer.

Peu de changement sur l’affichage des salaires

En revanche, quelle que soit l’entreprise, la publication systématique du salaire dans les offres d’emploi reste marginale et a peu évolué en un an... Entre décembre 2024 et décembre 2025, les niveaux de diffusion sont quasi stables à 30 % pour les TPE, 42 % pour les PME et 49 % pour les ETI et grands groupes. Les entreprises, lorsqu’on les invite à se prononcer sur les effets de la directive sur le climat social, se montrent prudentes. En fait, 62 à 63 % des TPE, PME et ETI-Grandes entreprises n’escomptent aucun effet de cette publication. Un quart environ s’attendent à des effets négatifs et seuls 12 à 16 % des personnes interrogées s’attendent à des effets positifs et à une amélioration du climat social.

Des cadres intéressés mais pas toujours à l’aise

Du côté des cadres, l’intention d’utiliser le nouveau droit à l’information est forte : 57 % se disent à l’aise, très ou plutôt, à l’idée de demander à leur employeur la rémunération moyenne des salariés occupant un poste équivalent. Mais ce taux masque des écarts : 65 % des hommes se sentent à l’aise contre 60% des femmes, tandis que les seniors (55 ans et plus) sont moins enclins à faire valoir ce droit (60 %) que les moins de 35 ans (71 %), traduisant des freins spécifiques selon le genre et l’âge.

La peur du regard du manager, frein numéro un

Selon l'Apec, la principale raison pour laquelle certains cadres n’oseraient pas profiter de ce droit à l’information serait la crainte d’être mal perçu par l’employeur ou le manager (50 % des répondants). Viennent ensuite la peur d’informations démotivantes ou sources de tensions (35 %), la conviction que cela ne changerait rien à leur situation (34 %), la peur que les collègues apprennent la démarche (18 %) et, plus marginalement, l’idée que l’entreprise est déjà équitable (12 %). Ces freins étant globalement plus marqués chez les femmes, dont 40 % se déclarent mal à l’aise, contre 32 % des hommes.

Source : focusrh.com