« Une baisse significative du pouvoir d’achat » : les mutuelles dénoncent un projet de baisse des remboursements Sécu

23/06/2026

Pour réduire les dépenses de la Sécurité sociale, le gouvernement envisage de transférer certains remboursements aux complémentaires santé. Par répercussion, les assurés pourraient voir leurs cotisations augmenter.

Les mutuelles montent au créneau. Pour réduire le déficit de la Sécurité sociale, le gouvernement envisage de diminuer par décret certains remboursements et de transférer la facture aux complémentaires. Mais les acteurs concernés dénoncent un projet qui mènerait à une hausse des cotisations pour les ménages et les entreprises.

L’exécutif souhaite relever fortement les tickets modérateurs sur les actes médicaux, indique la Fédération des institutions paritaires de protection sociale (FIPS), qui représente les complémentaires paritaires (gérées par le patronat et les syndicats). Le ticket modérateur est la part des dépenses de santé non remboursée par la « Sécu » et généralement prise en charge par les mutuelles. Une économie de 1,5 à 2 milliards d’euros serait ainsi envisagée par l’État. Mais la pilule a du mal à passer.

Presque tous les Français concernés

Cela diminuera significativement le pouvoir d’achat des salariés et des seniors, et augmentera les charges des entreprises, estime la FIPS. Tout transfert de ce type aurait nécessairement des répercussions sur les contrats, qui dépendront fondamentalement de l’ampleur et du type de transferts envisagés, abonde France assureurs, qui regroupe les complémentaires santé au statut d’assureurs privés.

Les mutuelles avaient déjà justifié les augmentations de cotisations de 8,1 % en 2024 puis de 6 % en 2025 pour compenser les transferts de charge décidés par les différents gouvernements. Toutefois, pour éviter une nouvelle hausse de ces cotisations, le budget de la Sécu 2026 prévoyait leur gel. En vain.

Le rétablissement financier de l’Assurance maladie ne sera pas atteint par des transferts de charges décidés en urgence, se défend la FIPS. France assureurs déplore le choix du gouvernement de passer par voie réglementaire donc sans vote des parlementaires.

Les acteurs dénoncent aussi une hausse d’impôt déguisée qui concernerait presque tous les Français, puisque 96 % disposent d’une complémentaire santé, contre seulement 50 % qui paient l’impôt sur le revenu.

Source : ouest-france.fr