Sanofi, Servier et Pierre Fabre en font partie: sept grands labos français lancent "Initiative Pharma", un nouveau lobby pour défendre la "souveraineté sanitaire"

07/04/2026

Sept grands laboratoires pharmaceutiques français viennent de lancer un nouveau lobby baptisé "Initiative Pharma", quelques mois après avoir quitté le Leem, principale organisation du secteur. Leur intention est de défendre la "souveraineté sanitaire".

Il y a du changement dans l'industrie pharmaceutique française. Ce jeudi 2 avril, plusieurs grands labos de l'Hexagone ont lancé un nouveau lobby, baptisé "Initiative Pharma". "Sept leaders de l'industrie pharmaceutique en France - Guerbet, Ipsen, LFB, Pierre Fabre, Sanofi, Servier et Théa - ont fondé Initiative Pharma, un nouveau syndicat professionnel en faveur de l'innovation et de la production de médicaments en France", a annoncé dans un communiqué cette nouvelle organisation.

Cette initiative intervient alors qu'en janvier, ces mêmes entreprises ont claqué la porte du Leem, la principale organisation du secteur, sans expliciter publiquement les désaccords à l'origine de ce départ mais en promettant de se focaliser sur l"innovation et la souveraineté sanitaire françaises".

Présidé par un cadre de Sanofi

Contrairement au Leem, qui compte de nombreuses filiales françaises de groupes pharmaceutiques étrangers, la nouvelle structure rassemble essentiellement de grandes entreprises basées en France, même si leur chiffre d'affaires est parfois largement réalisé à l'étranger. Deux filiales françaises d'entreprises étrangères - l'italien Chiesi et le belge Serb - ont toutefois rejoint Initiative Pharma.

Sa présentation met l'accent sur le périmètre national: elle réitère la notion de "souveraineté sanitaire", veut en faire "une boussole pour une France en bonne santé" et appelle à renforcer la position française "face à des pays qui font de l'innovation scientifique un levier durable de puissance".

La nouvelle organisation sera présidée par un cadre de Sanofi, Charles Wolf, directeur pour la France du géant pharmaceutique. Initiative Pharma intègre par ailleurs, comme "membre associé", un autre lobby, France Biotech, principale organisation française de startups pharmaceutiques.

L'enjeu crucial de l'innovation

Initiative Pharma fait trois propositions: adapter les politiques publiques du médicament pour "valoriser" l'investissement en France, mobiliser une "enveloppe budgétaire" spécifiquement dédiée à l'innovation pharmaceutique, et voter une loi qui organise pour cinq ans une politique en matière de souveraineté sanitaire.

Jusqu'ici, les revendications de ce nouveau lobby ne diffèrent pas significativement de celles du Leem, qui alerte depuis plusieurs années contre un moindre accès aux médicaments innovants en France, du fait, notamment, de prix négociés à des niveaux jugés trop bas.

Le 11 mars dernier, le Leem a même lancé une grande concertation nationale afin de repenser le système de santé, en particulier l'accès aux médicaments. Pour les administrateurs du Leem, les baisses de prix entachent l'attractivité de la France, créant des retards en matière d'arrivée des thérapies innovantes dans le pays. Pour Clarisse Lhoste, présidente de MSD France et administratrice du Leem, on assiste ainsi à "une forme de pénurie silencieuse" qui s'explique par un manque de valorisation de l'innovation.

Des voix s'élèvent cependant contre les prix élevés de certains médicaments novateurs: le professeur Alain Fischer, le "monsieur vaccins" de la crise du Covid, a récemment dénoncé des "prix exhorbitants" de plusieurs thérapies génériques, comme le Lenmeldy, un médicament prescrit contre la leucodystrophie métachromatique dont l'injection est vendue 3,5 millions d'euros. D'après lui, les bénéfices engrangés par les laboratoires atteignent jusqu'à "75% du prix du médicament, voire davantage".

Source : bfmtv.com