La France lance un indice pour évaluer la résilience numérique

27/01/2026

Cet outil destiné aux dirigeants des entreprises et des collectivités passe en revue 20 critères pour évaluer l'autonomie technologique, économique et juridique.

Le développement de l’IA générative et du quantique risque d’accroître encore davantage notre dépendance aux technologies américaines. Pour tenter de renverser la tendance, un Indice de Résilience Numérique (IRN) a été lancé ce lundi 26 janvier lors des premières Rencontres de la souveraineté numérique à Bercy. Le site est accessible à l'adresse thedigitalresilience.org.

Annoncé cet été aux Rencontres d’Aix, cet outil se présente comme une véritable « boussole » pour gagner en autonomie, puisqu’il va permettre d’établir un diagnostic de résilience à l’échelle d’une entreprise ou d’une collectivité. Et donner ainsi des clefs pour agir aux dirigeants.

Un outil à vocation internationale

« La souveraineté est un sujet macroéconomique. Cet indice est un instrument microéconomique qui s’intéresse à chaque entreprise. Il va évaluer leurs systèmes critiques et sera donc différent d’un acteur à l’autre par rapport à son coeur de marché », expliquent Yann Lechelle, CEO de Probabl et cofondateur de l’indice avec David Djaïz, dirigeant du cabinet Ascent Partners, et Arno Pons, délégué général du Think Tank Digital New Deal.

Le trio a également précisé que l'outil avait vocation à devenir international et intéressait déjà d'autres pays dans le monde. C'est la raison pour laquelle il va passer d'une structure en association loi 1901 à une AISBL (Association internationale sans but lucratif). 

Après six mois de travail et une trentaine d’ateliers avec une dizaine d’entreprises publiques et privées comme RTE ou Ouest-France, l’IRN avait été largement dévoilé au mois de décembre dernier. On savait donc déjà qu’il offrirait deux options. La première étant d’établir un autodiagnostic sans demander à être labellisé. La seconde d’entrer dans un processus payant de labellisation avec un accompagnement et un contrôle de l’ADRI (Association for Digital Resilience Initiative), l’organisme chargé de gouverner et faire évoluer l’indice. 

20 critères notés avec de la pondération

« Nous nous sommes inspirés du label environnemental B corp pour établir 20 critères essentiels, détaille David Djaïz. Nous vérifions si l’entreprise est résiliente ou pas pour chaque critère avec une pondération. Si la résilience est documentée, on attribue 1 point, si des moyens ont été positionnés, 3 points, si la résilience est prouvée avec des tests avec des résultats, vous avez 5 points, etc ». Le tout pour un total maximal de 100 points. Et si vous dépassez un certain nombre de points, vous êtes considérés globalement comme résilient. La grille d’évaluation est accessible librement sur Gitlab.

Pour chaque actif numérique, il faut caractériser l’interopérabilité de la solution, la localisation géographique des données, la capacité à opérer les services critiques en autonomie, la diversification des fournisseurs, le pouvoir de négociation contractuelle ou encore la dépendance à la supply-chain extraterritoriale, par exemple. En espérant que ces diagnostics soient ensuite suivis d’actions concrètes. « On ne transforme que ce que l'on regarde en face », a rappelé la ministre déléguée au Numérique et à l'Intelligence Artificielle Anne Le Hénanff en préambule, cet après-midi, à Bercy. 

Source : latribune.fr